Molière

- mise en scène René Loyon
- avec Pierre Ascaride, Corinne Bastat, Cristine Combe, Francis Coz, Evelyne Guimmara, Claude-Bernard Pérot, Dominique Verrier, Thierry Vu Huu, René Loyon ou Dominique Gras
- Assistanat à la mise en scène : Evelyne Guimmara
- Avec la complicité dramaturgique de Laurence Campet
- Avec l’aide amicale de Nathalie Martella pour les costumes
- Lumières : Laurent Castaingt
- Régie générale : Igor Galabovski
Le Misanthrope, c’est l’histoire d’Alceste, un homme seul en désaccord violent avec une société qu’il juge pervertie. Mais, pour son malheur, le salon de Célimène, la riche veuve, dont il est éperdument amoureux, est de toute évidence un poste avancé de cette société si haïssable. Rester, partir. En être ou ne pas en être. Telle est le dilemme. Et tel est l’espace où se déploie, entre tragédie et bouffonnerie, le ton si particulier de cette étrange comédie qui ne cesse de nous interpeller – avec la figure très contemporaine de cet Alceste maniaco-dépressif – quant à notre difficulté à dissiper, comme dirait Célimène, « ce grand aveuglement où chacun est pour soi ».
Ce travail d’éclaircissement sur nos raisons d’être et d’agir, c’est celui in fine auquel nous convie Molière et c’est celui que, loin des caricatures trop faciles des petits marquis et autres coquettes, nous voudrions mettre en oeuvre pour mieux comprendre en quoi ces personnages de comédie, si éloignés de nous dans le temps, nous sont encore si terriblement proches dans leur troublante humanité.
Loin du faste trompeur du salon de Célimène, imaginons donc un espace confiné, sommairement meublé de quelques chaises et à la lumière discrète (beckettien, pourrait-on dire…) : et concentrons-nous sur le comportement de ces personnages mondains pour mieux comprendre la pathétique demande de reconnaissance que chacun semble adresser aux autres. Nul doute que dans cet exercice nous ayons quelque chance de retrouver ce mélange de rire et de mélancolie qui est le propre de notre vieil ami Jean-Baptiste Poquelin.
René Loyon

Célimène a vingt ans, nous dit Molière. C’est bien beau. Mais que se passerait-il si elle avait passé la cinquantaine, si elle était au-delà de cette sorte de date de péremption fatidique appelée ménopause ? Que se passerait-il si tous les personnages de cette histoire avaient pris de l’âge ? Leur désir se serait-il émoussé ? Les enjeux de pouvoir seraient-ils adoucis, gommés ? Le comique de certaines situations tournerait-il à la mélancolie, ou au pathétique ? Avec quelle force le texte de Molière se ferait-il entendre alors ?
C’est ce que nous expérimentons avec ce Misanthrope d’âge mûr, comme un aperçu de la condition humaine.
Laurence Campet et René Loyon
Création au 100ecs en janvier 2023 – Reprise au 100ecs en octobre 2023